· 

AUTRE DVAR TORAH SUR LA PARACHA: La lumière du monde

 

Dans nos études nous postulons souvent une vérité récurrente dans les écrits de Rabbi Tsaddok de Lublin et dans la hassidout en général: la sainteté de la chair pas seulement. En effet, les Patriarches ont certes attisé la soif spirituelle de notre âme ainsi que ces capacités à la recevoir. Ils ont aussi purifié la chair, obtenant ainsi une situation nouvelle dans laquelle se mêlent deux notions normalement contradictoires, la chair et le spirituel. Le corps est purifié tant et si bien qu'il demande qu'on l'abreuve de mitsvot, de sainteté. La bouche et l'estomac ont besoin de manger des aliments permis, le bras demande ses phylactères chaque matin etc.

Cette semaine va être pour nous l'occasion de constater, premièrement que cette vérité est clairement, et sans aucun détour, énoncée dans le Midrach. Puis, ce sera une manière de nous consoler un peu de ne pas vraiment comprendre ces profondes notions de notre religion et de la pensée, parce que même Jacob fut étonné d'avoir atteint cette dimension. La différence avec le Patriarche réside dans le fait que lui la comprenait et la vivait, pas seulement comme un potentiel, mais bien comme une réalité ressentie.

L'étude approfondie du rêve de Jacob et de toute la scène qui l'a précédé et qui lui a suivi, est d'une grande importance. Nous allons démontrer par les midrachim que notre Patriarche a endossé son rôle de juif errant et responsable du projet universel à ce moment précis de sa vie. Il nous a, de cette façon, engagés d'une manière irréversible dans une responsabilité à l'enjeu cardinal. Il a aussi découvert le caractère très particulier de Jérusalem. Voilà en détail:

Jacob savait déjà que la montagne de Moria était sainte et propice à la prophétie

Une lecture littérale des versets laisserait penser que Jacob ignorait la sainteté de l'endroit sur lequel il dormit et fit le rêve tellement significatif de l'échelle dressée jusqu'aux cieux. Il y a donc Eloquim en cet endroit et moi je ne le savais pas. C'est ici la maison de D. et la porte du ciel. On ne peut, apparemment, plus clair!

Pourtant une étude éclairée des Midrachim infirmera cette compréhension. Il connaissait très bien la nature sainte et particulière de cet emplacement et savait ce qui s'y déroulerait: une révélation prophétique. Le premier indice dont il disposait était qu'il était arrivé à l'endroit où précisément, son père et son grand père avaient montré leur confiance et leur amour en D., la montagne de Moria, future Jérusalem. C'est là en effet que se déroula le sacrifice d'Isaak. Jacob avait donc déjà une bonne raison de croire que la place avait été suffisamment sanctifiée par cet acte pour y mériter un accès plus aisé à la spiritualité.

Le Midrach Rabba dévoile d'autre part certains agissements du Patriarche, une fois arrivé à cet endroit. Jacob réunit douze pierres qu'il aligna et dit: ''Si elles s'unissent en une seule grande pierre, je suis assuré d'être le père des douze tribus d'Israël''. Il est évident qu'il ne demandait pas un signe au hasard de sa route. Il ne le fit pas à chaque étape de son chemin vers 'Haran. C'est sans doute, comme nous l'avons déjà mentionné, parce que la Montagne de Moria était de notoriété un lieu saint et approprié à la prophétie, qu'il se douta qu'il y allait avoir un tel miracle.

 Il reçut une autre indication à cette prochaine révélation divine. Le Saint, béni soit-Il, coucha le soleil deux heures en avance. Une manière de dire, nous apprend le Midrach (Rabba vayétsé), qu'Il voulait l'intimité de la pénombre pour partager ces moments privilégiés: ''Mon bien aimé est venu Me rendre visite'' dit Hachem! Ce chamboulement de l'ordre naturel n'est sûrement pas passé inaperçu chez le Patriarche. Il en a, sans aucun doute, saisi la teneur.

Une autre preuve s'il en fallait encore: Jacob, pendant les quatorze années passées dans la Yechiva de Chem et Ever, a dormi le minimum de temps exigé par le corps. Il n'a pas pris de repos superflu. Cette nuit, nous enseignent nos Sages, il dérogea à la règle en ''dormant''. (Id.) Vayalen cham, il a dormi là bas, et non pendant les quatorze années de Yéchiva. Il ne s'est donc pas seulement remis de son épuisement, comme il avait pris l'habitude de la faire, il a dormi. Pourquoi? S'il a été capable, jusque là, de surmonter sa fatigue avec un bref assoupissement, pourquoi ne pas avoir continué cette bonne habitude et de surcroît sur un lieu aussi saint? Nous devons en déduire qu'il attendait une révélation et pensait la recevoir uniquement par le songe, une fois assoupi.

Il avait donc compris que cette nuit, il devait recevoir une révélation. Celle-ci devrait lui indiquer la suite de sa route spirituelle. Allait-il être ou non le Père des douze tribus, à savoir de la nation élue? C'est ce qu'il exprima dans l'éventuelle réunion des douze pierres en une seule. Nous allons comprendre qu'il reçut une réponse positive à sa question mais d'une manière tellement magistrale que lui-même ne s'y attendait pas!

Quelle a été donc son étonnement ''Il y a donc Eloquim en cet endroit et moi je ne le savais pas. C'est ici la maison de D. et la porte du ciel''? Qu'a-t-il découvert de l'intensité de la spiritualité de l'endroit qu'il ne savait déjà?

Quelle est la signification de la prière d'Arvit, instituée par le Patriarche.

Les midrachim nous l'apprennent. En effet, Jacob a institué la prière d'Arvit, celle du soir. Le verset qui s'y rapporte est celui qui introduit sa venue à la montagne de Moria ce soir là. Vayfga bamakom, il a prié dans l'endroit, traduisent nos Sages. C'est une nouveauté puisque ses Pères n'ont fait, jusque là, que deux prières, celles du matin et celle de l'après midi.

Cet évènement ainsi que la terminologie du verset, makom, endroit, pour l'annoncer révèlent de grands secrets, nous allons le comprendre.

Makom, signifie en effet, emplacement, endroit. Le Midrach (Id.) se demande qui est le makom, l'emplacement de l'autre? Est-ce D. l'emplacement du monde ou vice versa? La conclusion de ce passage que D. est le makom, le contenant de l'univers et non inversement. La création ne contient pas D. Ce passage est évidemment très confus. Comment avoir pensé un seul instant que l'espace délimité, makom, contient et révèle l'Infini D.? N'est-ce pas évident que D. est au dessus de toute la création. C'est donc de la manière suivante qu'il faut appréhender ce Midrach:

 

Le message d'Avraham est la reconnaissance de La Divinité par le biais de la nature. Chaque composant clame la Présence divine à celui qui prend le temps de méditer. C'est ce que fit le premier Patriarche, et ce fut d'ailleurs son message légué à l'humanité. ''Av hamon goyim'' le père d'une multitude de nations. C'est le nom d'Avraham en acrostiche. Il est jusqu'aujourd'hui leur maître spirituel et leur guide. Il leur a dicté le chemin de la croyance et les a détourné de celui du paganisme. L'univers devient, dans cette optique, le contenant de D. Il révèle ce qu'il est donné à l'homme de connaître et cette connaissance a une limite puisqu'elle provient de la matière.

 

En disant que D. est l'emplacement de la création, nos Sages nous ont induits vers une notion d'infini dans la connaissance de D. Elle n'est pas liée aux confins d'une chose, de la terre et de l'univers. Le monde n'est qu'une particule, un petit acteur dans cette fonction de révélation. Nous allons, avec la venue du Messie, accéder à une perception qui dépasse les possibilités de notre monde, fussent-elles déjà énormes: nous allons constater que D. est le contenant de l'univers. C'est ainsi qu'il faut comprendre la version presque littérale de ce verset.

 

C'est aussi le message du Midrach citant Yossef Habanay (Midrach Rabba Chémot 13.1) Comment D. a-t-Il crée le monde? Le Sain, béni soit-Il a pris quelques grains de terre en dessous de Son Siège d'honneur, et il les a jeté sur les eaux. Ils sont devenus la terre etc. prendre quelque grains du dessous de Son trône, signifie offrir une bribe qui permette de donner un soutien à notre connaissance de D. La terre véhicule est en effet cette idée de soutien. Or D. n'en a offert que quelques grains qui sont devenus … l'univers. Le reste est encore à découvrir.

 

Cette fonction de découverte future relève de la capacité d'Israël, un nom dérivé du terme ''sarita'', tu as dominé. Il faut, de toute évidence, lutter pour pouvoir conclure à une domination quelconque. Notre destin est la lutte comme notre nom l'indique. Mais nous nous sommes imposé de plein gré cette aventure. En effet, Jacob institue arvit en la qualifiant de prière au makom. Il insinue qu'il ne veut pas se contenter de l'enseignement d'Avraham pour les nations. Il aspire à la révélation de l'ordre du makom, celle où D. apparaitra de lui-même, et non comme une révélation liée au matériel car elle en est dépendante. Il ne veut pas que l'univers soit simplement le contenant de D. Il ne veut pas être induit et guidé. Il aspire à une révélation claire et directe. Mais pour cela, il lui faudra accepter la destinée d'Israël, ''sarita'', lutter et accepter une nouvelle période de purification, la galoute. Avraham a passé dix épreuves pour se hisser à sa dimension. Lui, veut davantage car il sait qu'il y a un prix à payer pour dépasser ce monde et atteindre le makom, l'emplacement du monde.

 

Il devra passer par le mont Sinaï et accepter la Torah. Subir les deux destructions du Temple et ensuite les terribles exils accompagnés des oppressions de peuples dominateurs et sûrs d'eux (sic). Tout cela, Jacob en est conscient et il l'endosse volontiers. Je vous invite, afin de vous en convaincre, de lire les Midrachim qui se rapportent au rêve de jacob. Ils l'interprètent consécutivement comme une allusion à tous ces événements .

 

C'est le sens du prochain Midrach (Rabba; tolédot): Cha'harit, la prière du matin, il faut dire ''merci de m'avoir fait sortir des ténèbres. Min'ha, la prière de l'après midi, il faut dire ''de même que j'ai mérité de voir le soleil à son levé, puissé-je mériter de le voir à son couché''. Arvit, la prière du soir, il faut dire: '' fais moi sortir de la pénombre à la lumière''.

Le message de ce midrach est d'une merveilleuse profondeur. La prière du matin a été instituée par Avraham. Il a évacué le monde de ses ténèbres spirituelles en l'écartant du mensonge de l'idolâtrie. Il a donc remercié D. de cette nouvelle lumière jaillissante qu'est la croyance en un D. unique, ''merci de m'avoir fait sortir des ténèbres''.

La prière de l'après midi est la volonté d'Isaac de pénétrer à nouveau dans l'obscurité. Il ne veut, sans aucun doute, pas revenir à la préhistoire du monothéisme, mais il sait que pour avancer dans le sens désiré, ses enfants et lui-même devront passer par une nouvelle période d'apprentissage. Le patrimoine d'Avraham est certes important, mais il réservé aux nations. Nous voulons davantage. Isaac a donc vécu entre Avraham et Jacob qui représentaient respectivement une nouvelle ère. Il a vu son père et ce qu'il a légué aux générations et il attend le labeur de son fils qui doit remettre la ''famille'' dans la pénombre. ''De même que j'ai mérité de voir le soleil à son levé, puissé-je mériter de le voir à son couché''.

Jacob devient le symbole de l'obscurité, de l'exil qui doit terminer vers une nouvelle époque de révélation. C'est la symbolique d'arvit qui est l'obscurité convoitée et vécue dans l'espoir de voir la magnificence de D., le makom, l'endroit. Cet exil est désiré et accepté par nos Patriarches. Jacob prie au makom car il veut assister à cette révélation de contenant de l'univers et dépasser celle qu'offre la démarche d'Avraham où l'univers contient D. Il y aspire de tout son être, '' fait moi sortir de la pénombre à la lumière'' même au prix de terribles endurances.

 

Les douze pierres s'unissent dans un seul et unique projet

Mais demander est louable certes, encore faut-il être exaucé. Jacob ne savait pas si cette fonction de fondateur du peuple élu lui serait agréée. Allait-il devenir la pierre angulaire de toute cette nouvelle aventure universelle? Après avoir postulé en instituant la prière d'arvit, Jacob attendait une réponse à sa requête. Le soleil se coucha anormalement tôt et il devina la pensée de son Créateur. Il anticipait l'intimité de la nuit afin de Se dévoiler à lui et répondre à sa requête.

Si la révélation allait être de nature à réunir les pierres entre elles, ce serait le signe que la prophétie portait en elle la promesse attendue. La Présence divine qui lui serait accordée serait assez intense pour arriver à cette finalité. D. voulait lui accorder le rôle suprême, celui de dévoiler Son unité et lui en donnerait la force. Les tribus d'Israël seraient les principales actrices unies dans un seul projet assisté par Le Saint, béni soit-Il car elles en seraient aptes et capables. C'est le message des douze pierres qui n'en font qu'une. Ce qui est égal et de même nature peut se confondre, pas si l'un est Juste et l'autre mécréant, à l'image de Jacob et d'Esaü.

Car Jacob sait que commencer cette grande aventure par le biais du peuple élu va dépendre de la pureté de sa racine. Si ses enfants naissent tous unis dans la sainteté, tous Justes, l'ordre de départ est lancé et surtout la prérogative de Patriarche du peuple élu lui est réservée. Il faut qu'il se démarque en cela de son père et son grand père. Ils ont eut respectivement des enfants comme Esaü et Ismaël inaptes à la succession spirituelle. Lui aura tous ses enfants dans le droit chemin. Ce sera le signe que sa chair et son âme sont pures et dignes de fournir des serviteurs et des émissaires de D. sur terre. La racine entièrement purifiée fournira des enfants pouvant tous atteindre la perfection.

Le corps spiritualisé

 

Revenons à notre question initiale. Puisque Jacob savait que l'endroit était saint et que la prophétie allait lui être accordée qu'a-t-il découvert?

Il a découvert son corps spiritualisé. Certes Jacob savait qu'il ne pourrait enfanter douze tribus s'il n'était parfait et spiritualisé même dans son corps. Ce qu'il découvrit selon le Midrach est qu'il l'était si parfaitement qu'il pouvait servir de mercava, de soutien pour la Chékhina, D. même dans ce monde. Car D. n'a pas fait que passer sur lui comme une simple révélation, Il s'est ''tenu'' selon les termes du verset sur lui.

''Véhiné Hachem nitsav alav'', et voici que D. se tint sur lui, comment est-ce possible demande le Midrach de se tenir sur un être humain? Un passage du même Midrach (Id.) donne une réponse: tsam lékha nafchi kama lékha bessari, mon âme a soif de Toi et ma chair aspire à toi (Psaumes) ''De même que mon âme a soif de toi mes deux cent quarante huit membres aussi et c'est pour cela que''Véhiné Hachem nitsav alav'', et voici que D. se tint sur lui''!.

C'est sa découverte: son corps a si bien été spiritualisé qu'il mérite de résider avec D. sur cette terre sans aucune barrière. La matière et l'âme se sont confondues. Et c'est ainsi qu'il comprit véritablement la portée de sa destinée et de son aventure. L'exil allait assurer un contact direct avec D. sans intermédiaire. Il lui avait été accordé d'atteindre la dimension de connaissance du makom, rencontrer D. comme s'il devait seulement franchir le seuil d'une porte. Comprenons encore mieux.

 

Le Temple

Etudions un autre Midrach. Cet emplacement (la montagne du Temple) a eut trois noms et ce sont les Patriarches qui les lui ont consécutivement donné. Avraham l'a appelé Har, une montagne. Isaac l'a appelé Sadeh, un champ, et Jacob bayit, une maison.

En lui offrant trois appellations, les Patriarches ont désigné le caractère qu'il revêtait à leur époque. Du temps d'Avraham, Moria était encore telle une montagne. La Divinité, certes reconnue, restait encore lointaine, comme l'est l'accès à un lieu d'une grande hauteur. Après le travail effectué par son père associé au sien, Isaac a rendu la Présence divine plus visible, plus palpable, mais encore comparable à un champ. Elle n'était pas encore délimitée. L'atteindre constituait encore une épreuve, tel un objet perdu dans un grand terrain.

Jacob réussit à faire de ce champ un bayit, la maison de D. Un lieu où chacun pouvait rencontrer son Créateur et communier avec Lui, comme nous aujourd'hui devant le mur des lamentations et tels nos ancêtres, à un plus haut degré, dans le Temple.

Or, cette appellation, Jacob la lui accorda avec surprise suite à la prophétie de l'échelle sur laquelle montaient et descendaient les Anges, c'est ici la maison de D. et la porte du ciel. Il devina en effet, à travers ce songe que le champ était devenu une maison.

Le Midrach (Id.) dit à ce propos que D. lui montra les trois situations du Temple. Le premier et le deuxième construits. Ensuite la période durant lequel il serait détruit. Puis le troisième reconstruit par D. Le Midrach étaye ceci par les paroles de Jacob qui s'exclame, ma nora, comme cet endroit est apeurant, c'est le premier Temple. ''Eine zé'', ceci est une allusion au Temple détruit. Chaar hachamayim, les portes du ciel, c'est le troisième Temple. Le premier Temple est appeurant. Cela est le signe que la Chékhina, présence divine se voile. Elle est présente et se laisse deviner mais on la craint comme tout inconnu. Dans le troisième Temple, il n'y aura plus qu'à franchir une ''porte'' pour La rencontrer. Certes, une porte car il y aura quand même une réserve mais plus d'inconnu.

C'est la grande révélation accordée à Jacob, ''Véhiné Hachem nitsav alav'', et voici que D. se tint sur lui. D. sera sur toi et à ta porte car tu as entièrement spiritualisé ta chair ''De même que mon âme a soif de toi mes deux cent quarante huit membres aussi.

 

Jérusalem, la lumière du monde.

Etre la lumière du monde signifie que cette ville éclaire le chemin de celui qui s'y rattache. Les doutes s'estompent et les ambitions sont raisonnables et adaptées à la personne. La réalité est claire et le voile du matériel ne masque plus autant Le D. créateur et pilote des événements.

Notre Patriarche a donc put constater l'ensemble du projet divin et comprendre sa profondeur. Il a perçu toute la vérité durant son sommeil à Jérusalem. Il a vu Israël et ses tribulations. Le don de la Torah et les deux Temples. L'exil et surtout la rédemption (se référer aux midrachim sur la sidra de la semaine) Tout s'est éclairci à la manière de quelqu'un qui arrive à destination, à la maison. Il a put montrer du doigt son Créateur et comprendre toutes ses actions. Il ne lui resta aucune question ni aucun doute. Il clama sans aucun doute c'est ici la maison de D. et la porte du ciel. Jérusalem guide au vrai et au bon et estompe les doutes.

Plus besoin d'un berger

Cette splendide vérité est édictée dans un Midrach (Rabba 'Hayé Sarah), si peu voilé, par des mots comme savent les choisir nos Sages. Avraham bénissait tout le monde…Moïse est le miracle d'Israël…David est le berger d'Israël… et Jérusalem est la lumière du monde, comme il est dit ''les peuples iront en suivant ta lumière''. Et qui est la lumière de Jérusalem? Le Saint béni soit-Il, comme il est dit, ''D. sera pour toi une lumière à jamais''.

Ce midrach partage l'histoire du monde en quatre périodes. Avraham en a été le guide par la force de la bénédiction. Bénir signifie donner à chacun le fruit de ses actions. C'est le sens de l'idée du Juste bénissant qui il veut, selon son propre jugement. La direction qu'a instauré Avraham, entama une ère durant laquelle l'homme est ouvertement jugé sur cette terre en vertu de ses actes. C'est en d'autres termes la hachga'ha, la Présence divine palpable et ressentie. Elle n'est plus confinée dans les cieux. Le fauteur est puni et le juste est récompensé. L'anarchie qu'Avraham déplorait à D., fut radiée. D. est dorénavant ''présent'' parmi les humains, avant que vienne Avraham J'étais le D. des cieux, aujourd'hui Je suis le D. des cieux et de la terre (Rachi, béréchit).

Moïse a dirigé le peuple élu de manière miraculeuse. Il leur a inculqué, grâce à cela, les dogmes de la croyance parfaite à travers des démonstrations sublimes et des chamboulements de la nature.

David est le berger d'Israël. Ses descendants, naturels ou spirituels, sont les dirigeants de notre peuple qui, jusqu'aujourd'hui, nous aiguillonnent selon leur sainte vision de la réalité. Ils sont inspirés par D. et nous permettent de dépasser les obstacles de l'exil.

 

Jérusalem sera, à la fin des temps, la lumière du monde. Le monde n'aura plus besoin d'être guidé par l'humain aussi élevé soit-il. Et qui est la lumière de Jérusalem? Le Saint béni soit-Il, comme il est dit, ''D. sera pour toi une lumière à jamais''. D. nous passera de l'aide d'un berger. C'est le sens du terme ''lumière''. Quand tout est clair il n'est pas nécessaire d'être secondé. Chacun aura assez de clairvoyance grâce aux révélations que nous attendons tous depuis des millénaires. Il suffira de franchir le seuil de ''la porte du ciel''. Bimhéra béyaménou, amen

Écrire commentaire

Commentaires: 0