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Hannoukah, ce n'est pas si facile!

 

 

Hanoukah, c’est fastoche ! 

La fête de Hanoukah est apparemment l’évènement de l’année juive le plus facile à expliquer, à nous et aux autres. Ne faisons-nous pas du zèle en l’expliquant même aux nations qui nous accueillent ? En effet, quoi de plus aisé ? Nous étions en phase de nous assimiler et quelques pieux hommes nous ont sauvés du sort de toutes les civilisations anciennes : tomber dans les oubliettes des livres savants de l’histoire du monde. C’est ce que nous aurions pu devenir sans eux. Des objets de recherche dont ne serait préservée qu’une dose d’ADN, histoire de faire de l’histoire et de s’en inspirer. Non, Israël est vivant et il se bat encore contre l’assimilation. Si cela est vrai, si l’assimilation est encore une menace, alors qu’avons-nous gagné, qui avons-nous vaincu ? Peut-être avons-nous simplement hérité d’une sorte de force permettant l’imperméabilité ? C’est sûrement cela notre butin ! Mais alors pourquoi ça ne marche pas toujours ? Quel est le mode d’emploi de ce butin ?

Une nouvelle inspiration de Torah

Le Talmud (Méguila 11, a) est encourageant quand il parle du souci de D. pour Son peuple : ‘’Je ne les ai pas rejetés (Vayikra 26 44), quand ? A l’époque des grecs. Je leur ai envoyé Chimon Hatsaddik et Les Hachmonayi et ses enfants et Mattatya le Cohen Hagadol’’.  Notre remarque est que ces hommes n’ont pas tous vécu à la même époque ! Chimon Hatsadik a précédé aux Hachmonayim. En l’associant aux autres, principaux acteurs de ‘Hannoukah, il semblerait donc, malgré tout, que lui aussi, ait participé à leur victoire. Comment et de quelle manière puisqu’il n’a pas pris les armes ?

La réponse est dans Pirké Avot (1, 2), ‘’hou haya omer’’, il disait etc. C’est à son propos que la première fois cette expression est évoquée pour un enseignement de la Torah. Avant lui, la Torah n’a jamais été citée au nom d’un particulier. Les enseignements étaient généraux car ils étaient admis et sans discussions car ils émanaient de la névoua, de la prophétie. Chimon Hatsadik a amorcé une nouvelle époque. Il a été le symbole d’une diminution du pouvoir de prophétie mais aussi celui de la force du sage. Un homme capable de puiser une inspiration pure afin de fournir une Torah à propos de laquelle il est dit ‘’élou véélou divré Eloquim ‘haïm’’, ‘’les deux facettes de deux sages qui se sont prononcé à propos d’un seul sujet sont des paroles  du D. vivant’’. Cela signifie qu’une inspiration différente qui donne deux figures à un même enseignement et qui à l’œil du profane semble contradictoire, est vraie car elle d’ordre divine. Le commun des hommes ne peut l’admettre. Si le plat n’est pas cacher selon l’avis d’un Sage, comme peut-il l’être selon l’autre sans que cela ne nous induise à affirmer que l’un d’entres-eux se trompe ? Le temps est relatif, la Torah aussi. C’est cela l’inspiration du Sage. Un vent de pureté qu’il puise depuis plus haut que le matériel et qu’il transmet à ses élèves et au peuple entier, ‘’hou haya omer’’, il disait etc.

C’est cela la dispute qui dure jusqu’aujourd’hui. Le rationnel contre l’inspiration. L’avis du rabbin contre celui du politicien et du logique.

Yossef Hatsadik et Hannoukah       

‘’Hochekh al péné téhom’’, ‘’l’obscurité planait sur le vide’’,(Béréchit), c’est le royaume de Grèce qui a obscurcit le yeux d’Israël avec leur décrets, Ils disaient, ‘’inscrivez sur la corne du taureau : ‘’Nous n’avons pas de part avec le D. d’Israël’’. Il y a beaucoup d’interprétations de la symbolique de la corne du taureau.  Et ici aussi, on appliquera la règle : ‘’élou véélou divré Eloquim ‘haïm’’, ‘’les deux facettes de deux sages qui se sont prononcé à propos d’un seul sujet sont des paroles  du D. vivant’’.

Le taureau est l’emblème de Yossef, ‘’békhor choro hadar lo’’,  ‘’c’est un noble qui a la force du taureau’’ Dévarim (13 ; 17). Si c’esyt vers Yossef que nos Sages veulent nous induire, il faut donc comprendre que ce qui dérangeait les grecs anciens est la vertu de Yossef, celle qui profite à  tout le peuple d’Israël. Car chaque tribu a offert son apport à notre Nation. Quelle est celle de Yossef et comment est-elle opposée à la philosophie de l’assimilation helléniste ?

En réalité, il serait bien difficile et prétentieux de vouloir décrire tous les apports ainsi que la nature spirituelle de l’un des Patriarches. Il ne donc reste plus qu’à essayer de glaner au gré des midrachim ce que nos Sages ont laissé entendre à son propos.

Yossef, le vent d’inspiration 

Commençons par les versets de la Paracha lue régulièrement durant la fête de hannoukah. Yossef fait grand effet sur Pharaon au point ou celui-ci s’exclame ‘’allons trouver un tel homme qui est porteur du vent (inspiration) d’Eloquim ?’’. Pharaon témoigne de l’homme : il a en lui le roua’h, le vent d’inspiration de D. Yossef est un vent d’inspiration et de fraicheur spirituelle pour ceux qui l’entourent. Même le Pharaon tombe sous le charme et reconnait qu’il existe quelque chose en l’homme mais qu’il ne saurait décrire davantage que par le mot vent, inspiration.

Passons aux midrachim : Midrach rabba fin Vayichlah, A propos des princes d’Esaü cités dans les versets, le Midrach dit qu’ils seront un jour vaincus par Israël mais de quelle manière ? Emportés par le vent. En citant pour appui le verset ??. Or nous savons d’autre part que l’antidote d’Esaü n’est autre que Yossef. En effet, le jour où il nait, Jacob décide de quitter son beau père car il ne craint plus Esaü. ‘’la maison de Jacob est le feu et celle de Yossef est la flamme’’ ? Alors par analogie, le vent, celui qui emportera les princes d’Esaü, c’est donc aussi Yossef, la seule et même puissance contrant avec succès Esaü.

Le symbole de Yossef, qui est la flamme, n’est pas en contradiction avec le symbole du vent. En effet Jacob est déjà le feu pour devenir la flamme il lui faut simplement rajouter du vent, de l’air, du roua’h. il vient donc s’ajouter à la force de Jacob, d’Israël.

Il est ce qui se cache derrière la matière, même celle la plus fine, celle que nous porrions confondre avec du spirituel ! Nous allons mieux le comprendre.

Yossef est l’inspiration d’Israël pour aller de l’avant là où la raison pourrait se tromper et penser que nous ne pouvons aller  plus loin. Cela est sa conduite et ce qu’il a inspiré. Il n’a pas trouvé d’alibi pour  se permettre de fauter avec l’épouse de Poutifar ! il aurait pu se permettre de le faire car comment ne pas fauter alors qu’il est lâché à son triste sort sans cadre spirituel et sans appui matériel. Quoi de mieux que devenir l’amant d’une puissante ? Quoi de plus aisé pour le yétser harah que de dire à l’homme de fauter quand la morale ambiante est tellement malsaine ? Pourtant, il résiste à tout cela. Yossef n’a pas de limites à son pouvoir de résistance contre les appâts du mal. Il est le taureau dont parle Moïse quand il bénit : ‘’békhor choro hadar lo’’,  ‘’c’est un noble qui a la force du taureau’’.

Il est beau de constater que les hommes qui ont porté son cercueil durant la sortie d’Egypte se sont donc impurifiés mais se sont aussi inspirés de sa staure : rien n’est impossible en matière de spiritualité.  En effet, quand, à cause de leur impureté, ils n’ont pas pu pratiquer le commandement de l’agneau pascal, ils ne prennent pas cela pour une fatalité : ‘’lama nigara’’, pourquoi serions-nous lésés ? Ils veulent une deuxième session. Cette demande est presque illogique. En effet, quand parce que souffrant quelqu’un n’a pu lire le chéma le matin, la mitsva est perdue. Pourquoi ressentaient-ils donc qu’ils ne pouvaient perdre leur mitsva à cause de l’impureté causée par Yossef ? La réponse est par justement il n’y a aucune limite quand nous sommes au contact de Yossef. Cette rencontre avec le Patriarche ne pouvait leur enlever des prérogatives.     

Mais il est aussi ce qui nous permet de détecter le manque de finesse car il est la volonté de vouloir vivre de manière plus noble, plus fine. Les grecs anciens proposaient tout ce que nous connaissons d’autant mieux aujourd’hui, car nous vivons dans la civilisation de la renaissance. Il y a une morale et une vie intellectuelle qu’il est presque difficile de discerner de la pensée spirituelle. En effet, quelle est la différence entre l’étude de la torah et celle des sciences humaines et autres. Les deux n’apportent-elles pas la bonification du monde et de l’homme ? Pourquoi faut-il chercher plus loin que ce que l’homme peut atteindre par la recherche intellectuelle ? Car il y a le roua’h l’inspiration en provenance du Divin qui ne laisse jamais de répits à l’homme dans le sens qu’il est toujours emporté par l’envie d’aller plus haut car il ressent qu’il se cache encore quelque chose de plus que ce qu’on lui propose. C’est là précisément que s’opposent les deux civilisations.

Chimon hatsadik est le Hakham. Il a été certes la fin de la période des sages qui tirent leur  inspiration de la névoua de la prophétie, mais il a symbolisé le premier Sage qui a donné des enseignements personnels tirés de son contact avec la sainteté et D., grâce à son roua’h, inspiration. Revenons à l’affirmation du Talmud citée plus haut  ‘’Je ne les ai pas rejetés (Vayikra 26 44), quand ? A l’époque des grecs. Je leur ai envoyé Chimon Hatsaddik et Les Hachmonayi et ses enfants et Mattatya le Cohen Hagadol’’. Chimon Hatsadik est aussi le sauveur des juifs de l’hellénisme. Il a été le Sage qui à l’instar de Yossef a ‘’produit’’ de la Torah du spirituel quand la dimension des hommes ne permettait plus la prophétie. Alors que fait-on sans elle? Comment étudier et comprendre la Torah ? Par une nouvelle méthode car on ne peut s’arrêter devant les nouvelles situations même si elles paraissent impossibles. Le Sage tel que nous le connaissons aujourd’hui est né. Il est porteur d’un souffle inspirateur qui le mène à sa vérité qui devient la vérité car ‘’élou véélou divré Eloquim ‘haïm’’, ‘’les deux facettes de deux sages qui se sont prononcé à propos d’un seul sujet sont des paroles  du D. vivant’’. C’est ce qui a dérangé les hellénistes et ce qui les dérange jusqu’aujourd’hui. Pourquoi se fier à un homme qui est prétendu détenir une inspiration cachée et propre à lui quand des brillants penseurs ne sont pas forcément d’accord avec lui ? Pourquoi serait-il un guide parce qu’il a appris une sagesse intellectuelle ?

‘’inscrivez sur la corne du taureau : ‘’Nous n’avons pas de part avec le D. d’Israël’’  signifie donc : ‘’oubliez Yossef et devenez rationnels’’. Oubliez les Sages d’Israël.

Pour nous Hannoukah est la fête durant laquelle nous réaffirmons notre obédience aux Sages D’israël et aux maîtres des générations. C’est leur roua’h qui a su préserver notre nation et nous en prenons conscience en cette période mais aussi nous essayons de nous imprégner encore davantage.  

En réalité c’est chaque juif qui en est porteur de ce roua’h. Ce souffle d’inspiration est ce qui le guide  à lui et à ceux qui en sont tributaires pour aller de l’avant. Les Sages en ont pour tout un peuple et ils inspirent tous ceux qui les suivent, leurs ouailles, et les guident  par les temps difficiles.

Hannoukah, c’est pas fastoche  

Le paradoxe de hannoukah est emblématique de celui de notre perception de notre relation avec le rabbin, avec le Sage. En effet, n’importe qui semble avoir un avis sur tout ou presque  même quand (presque) chacun est conscient de la limite de son intellect. Personne ne penserait à donner un avis sur un problème de mathématique quand il n’est pas initié. Pourtant, tout le monde a un avis sur toutes les étapes à suivre et toutes les décisions délicates de la vie ou de la société. Tout le monde vote et assure ceux qui veulent bien l’entendre que la meilleure manière de conduire le pays est celle qu’il préconise. La plupart des hommes ont quelque chose à dire en matière de guerre et les femmes en matière de société ou de mode. Il semble pourtant que  les paramètres en toutes choses sont tellement divers et complexes que seulement certains élus, les meilleurs, soient à même de donner une conclusion ferme.

 

 

 

 

        

 

 

 

 

 

 

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