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D nous aime à perpétuité

D. aime Son peuple à jamais

 

A la fin de notre sidra, Michpatim, (Chémot 23; 20)  D. annonce une terrible nouvelle à ses enfants: Il ne va plus les guider Lui-même dans leur périple vers la terre sainte. Ce sera un Ange, donc un émissaire, et non le Créateur, qui désormais sera à leur côté. Cette décision a été prise selon le Midrach (Rabba 32) suite à la faute du veau d'or. Il y a eut donc une descente de niveau en spiritualité et le peuple d'Israël ne peut évoluer dans les sphères aussi élevées qu'il avait mérité pour si peu de temps. D. ne sera plus tel un père qui aplanit et prépare le terrain à son fils, mais simplement tel un monarque soucieux du bien-être de son peuple et qui en prend soin par ses émissaires. Posons la question de la manière la plus directe et franche: D. nous aime-t-Il autant qu'avant? Réponse: ''oui!!''. Source à notre affirmation: Midrach Rabba (id.)

 

Et Moi Je pensais en Moi-même: "Comment vais-Je te faire une place –achitékha- parmi les enfants et te donner un pays de délices, un patrimoine, magnifique entre tous, parmi les nations!" Et j'ajoutais: "Tu m'appelleras "Mon Père" et tu ne t'éloigneras plus de moi." Cependant, comme une épouse qui trahit son compagnon, ainsi vous M'avez trahi, maison d'Israël, dit l'Eternel. (Jérémie 3; 19-20). Le midrach donne un double sens au terme ''achitékha'' utilisé dans le verset cité. Il signifie certes, donner une place mais aussi …haïr. C'est ce que nous apprenons d'un autre verset éva achit, j'installerais la haine (Genèse; 3). Tout se passe comme si la haine devenait, chez D., un substitut de l'amour et pour cela ces deux sentiments pouvaient se confondre en un seul terme et verset. C'est donc ainsi que la question de D. émanant de son Prophète Jérémie devient, "Comment vais-Je te haïr –achitékha- parmi les enfants''.  Autrement dit, cela est impossible, et pourquoi? Lisons ce que répond le Midrach: ''Depuis que vous êtes postés devant le mont Sinaï et vous avez accepté Ma Torah et J'ai écrit que Je vous aime, ''c'est parce que l'Éternel vous aime'' (Dévarim 7, 8), et puisque Je vous ai aimé, comment pourrais-je vous détester? (Id.)

 

L'amour de D. pour ses enfants est écrit dans la Torah, c'est la raison pour laquelle il ne peut s'estomper. L'explication à cela est que, les vérités de la Torah sont intemporelles et indélébiles. Elles ne dépendent d'aucun facteur. Si D. à un certain moment,  nous a aimé, c'est donc  que nous avons un niveau si élevé au point d'être considéré ''la bien aimée'' du Roi. Or, quand on atteint un niveau spirituel, on ne le perd plus. On peut quelquefois ne plus le ressentir, à cause d'une carapace matérielle venue se greffer par nos égarements. Mais il faut savoir que nous sommes toujours affiliés à cette même adresse. En spiritualité on ne déménage pas. On atteint, par des efforts, son chorech, sa racine, le véritable soi-même, en se débarrassant de toutes les influences et des corps étrangers. Israël a été aimé, c'est donc un amour et une dimension indélébile, "Comment vais-Je te haïr''.

 

Le spirituel se mérite étape par étape

 

Il faut savoir, afin de parachever cette étude littérale de ce Midrach, que cette affirmation vient commenter et étayer la décision de ne plus accompagner Soi-même Ses enfants. ''Je délègue cet Ange parce que je ne peux pas vous haïr''. Apparemment, nous serions tentés de dire que le contraire est plus logique. Si D. ne peut pas nous haïr, qu'Il reste avec nous et nous prodigues Ses miracles et Ses bienfaits? La réponse est simple et en même temps porteuse d'un lourd message spirituel.

 

La proximité à D. est un cadeau quand on la mérite. Être proche de D. comme l'est le Tsaddik peut se révéler dangereux à l'homme du commun. Si le Saint, béni soit-Il, donnait à chacun Sa Chékhina, Présence divine, ceux qui en seraient indignes n'en jouiraient pas, bien au contraire. Goûter à D. dans l'impureté, peut procurer des catastrophes. Les enfants d'Israël aiment D. et veulent Le voir proches d'eux mais ils viennent de fauter par l'idolâtrie. Ce serait un danger que de rester près d'eux. "Comment vais-Je te haïr'' est donc la raison pour laquelle D. s'éloigne et met ''à sa place'' un Ange. Il ne veut rien occasionner de mal à son peuple.

 

La galout, l'exil est comme toutes les autres décison de D. pour Son peuple, un acte de miséricorde. La destruction du Temple aussi. C'est pour cela que le Midrach compare le Temple au lépreux (Midrach Eikha Pétihata 21). Car il est en un certain aspect tel le lépreux qui est exclu du campement en attendant de guérir. Il a été renvoyé car il pratiquait la médisance qui est, selon Nos Sages, la source de ce mal. Or, la médisance ne se commet qu'a plusieurs, au moins à deux. Il est donc maléfique pour la société, car il entraine les autres dans le péché, et doit s'en écarter jusqu'à qu'il se repente. Le Temple aussi quand il réside au sein d'un peuple inapte et spirituellement diminué ne peut qu'entrainer des désastres. D. le considère comme un ''lépreux'' car "Comment vais-Je te haïr?''.     

 

D. attend impatiemment de revenir en annonçant la venue du Messie, mais Il ne veut pas nuire à Son peuple.  Chacun de nous attend de monter beaucoup plus vite dans la spiritualité mais D. sait que ce n'est pas dans son intérêt. C'est ce que les Maîtres du Moussar ont illustré par le verset (Chémot 20, 22), ''Tu ne dois pas non plus monter sur Mon autel à l'aide de marches, afin que ta nudité ne s'y découvre point.  Il faut monter dans le spirituel et mériter chaque étape afin de ne pas être en contradiction avec la quantité de sainteté qui nous est dévoilée.                

 

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