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Torah start up ou le Psy

La joie... mais où est-elle?

Nos Sages ont établi: Quand vient le mois de Adar nous sommes tenus d'être joyeux.

La joie n'est pas une monnaie courante. Les humains, dans le monde occidental, ont pour une grande partie, recours à des aides pour tenir leur système psychologique en état de fonctionnement correct. Qui parle de joie?

Nos Maîtres de la pensée ont dévoilé que la joie est le sentiment de dépassement. Quand un projet nait, la joie l'accompagne. Un enfant qui nait est une source de joie car il est un nouvel espoir de découverte, d'un autre domaine de définition, notre vie s'élargit. Il en va de même dans la vie professionnelle ou dans la famille. Chaque dépassement, nouvelle acquisition matérielle, morale ou spirituelle est source de joie.

Le Talmud fait la différence entre la mesure précise du téfa'h (8-10 cm) et la mesure large. La première est appelée téfa'h atsev, triste et la seconde téfah so'hek, joyeuse. Car un dépassement est une source de joie.

La joie éternelle

Le Talmud (Chabbat 88) Dit que le jour où les enfants d'Israël ont clamé na'assé vénichma, nous accomplirons et ensuite nous comprendrons, ils ont reçu deux couronnes. Avec la faute du veau d'or ils les ont perdues. Des Anges sont venus les ôté de dessus leur tête. Mais Resh laquish nous tranquillise: A la rédemption elles reviendront. D'où le sait-il? Du verset suivant: 

וּפְדוּיֵי יְהוָה יְשֻׁבוּן וּבָאוּ צִיּוֹן בְּרִנָּה וְשִׂמְחַת עוֹלָם עַל רֹאשָׁם שָׂשׂוֹן וְשִׂמְחָה יַשִּׂיגוּ וְנָסוּ יָגוֹן וַאֲנָחָה.

Les rachetés de l'Eternel reviendront ainsi et rentreront dans Sion en chantant; une joie éternelle sur leur tête! Ils auront retrouvé contentement et allégresse: adieu peines et soupirs! (Isaïe, 35, 10).

 

La joie éternelle était donc leur faculté de vivre cette dimension de na'assé vénichma', nous ferons et ensuite nous comprendrons. Que signifie cette dimension et en quoi en sommes-nous encore un peu possesseur?

Où est le dépassement dans la vie de tous les jours?

Maharal éclaire ce passage. Une couronne symbolise la royauté, la domination et l'indépendance. Ils ont reçu deux couronnes, l'une pour le corps et l'autre pour le sekhel, la pensée. Chacune de ces deux facultés étaient indépendantes et les deux faisaient sans l'aide de l'autre la volonté de D. Le corps était naturellement attiré par l'accomplissement de la volonté de D.

C'est une dimension qui nous est presque étrangère mais pas entièrement. Chaque juif, à son niveau, a un besoin corporel, charnel d'accomplir une quelconque mitsva. Il la fera sans que son esprit ne le lui commande. Chabat en est le meilleur exemple. On n'a besoin d'aucun esprit pou se laisser aller à la saveur de ce jour. David Hamélekh disait, (Psaumes 119, 59)

חִשַּׁבְתִּי דְרָכָי וָאָשִׁיבָה רַגְלַי אֶל עֵדֹתֶיךָ

J'ai prévu mes chemins mais mes jambes me mènent inlassablement vers tes ordonnances

David planifiait sa journée mais il finissait toujours à la maison d'étude. Ses jambes en décidaient autrement. C'est ainsi que nos Sages dans le Midrach rabba explique ce verset. Le roi avait cette dimension de na'assé. Un corps qui ne demande que la Torah quand même l'esprit s'oppose. C'est le juif tel qu'il était avant la faute.

En quoi cela procure-t-il de la joie?

Car le projet de D. est justement de faire vivre la nature au rythme de la volonté de D. Tout doit clamer D. il faut obtenir mariage parfait entre D. et Sa création.

Un homme de Torah le fait au quotidien. Quand il étudie un passage de Talmud, c'est un étage de gratte-ciel qu'il construit et quand il finit un traité, le gratte ciel est érigé. La Torah l'a pénétré et elle a purifié le monde et l'a construit.

Le problème est que nous ne le ressentons pas et n'en sommes pas fiers. Un homme qui passe beaucoup de temps à étudier est souvent saisi comme un être peu utile à la société.  Et c'est souvent ainsi que nous nous considérons dans la pratique des mitsvot. 

Il faut changer tout notre point de vue. La Torah et les Mitsvot sont les plus grands chantiers du monde. Nous érigeons des mondes et celui qui est convaincu est en constante occupation avec ses start up ou plutôt celles du Grand Patron.  Il y a toujours des nouveaux projets, des dépassements, des joies.

Adar

Le mois de Adar est donc le mois de la joie. C'est celui durant lequel nous avons accepté la loi orale reçue au mont Sinaï avec un peu de réserve. Que s'est-il passé en adar? Pourquoi avons-nous changé d'avis?

Car Mordékhay, le dirigeant de la communauté leur a démontré que sa clairvoyance les avait sauvé de la mort. Les fins politiciens s'étaient embourbés avec Aman, alors que lui, les avait habilement sauvés de ses griffes. La Torah redonnait de l'espoir car elle était dans la société. Le Rabbin, pourtant confiné dans la maison d'étude, voyait plus clairement et se servait de la nature, mieux que les autres. La Torah leur redonnait courage. Il voyait plus loin, l'avenir ne leur faisait plus peur.Ils leur avaient démontré que notre Torah est pratique et qu'elle s'arrange très bien, mieux que n'importe quelle science, avec le monde. C'est évident puisque c'est elle qui a servi de plan à D.  pour la création de l'univers (Béréchit Rabba). Les projets recommençaient et la joie avec.

Hodesh tov

Rav Yossef Simony59 J’ai médité sur mes voies, et ramené mes pas vers tes statuts.


 

 

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