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Imbroglio de Tsédakka

Question: Yaacov a reçu un chèque de Yonathan, sans ordre, lors d'une transaction. Le jour de Pourim, il met ce chèque dans une enveloppe   qu'il glisse discrètement dans la corbeille destinée à son ami nécessiteux, Binyamin. Quand celui-ci s'en aperçoit, il ne peut supporter l'idée de prendre de la tsédaka de pourim et il le déchire. Binyamin n'a pas vu que le chèque provenait d'un autre que Yaakov. Quand sa femme ouvre cette enveloppe déchirée , il s'aperçoivent que Yaakov a perdu cet argent sans faire de mitsva. Il se rend donc chez Yonathan et lui demande de refaire ce chèque pour Yaakov. Yonathan refuse: Selon lui, le chèque a été donné et déchiré par le nouvel acquéreur. Yaakov l'a donné et Binyamin l'a déchiré. C'est ainsi qu'il voit les choses.  Binyamin qui n'a pas accepté cet argent considère que le chèque n'est jamais sorti de la possession de Yaakov. Selon lui si Yonathan refuse de faire un autre chèque, il devra rembourser cette somme a Yaacov, s'il le désire. Que faire? 

Réponse: Il est clair que déchirer ou brûler un chèque est un acte de maziq par garmi , il endommage indirectement. Dans ce cas, si le signataire du chèque refuse (à tort) de refaire un chèque, celui qui l'a déchiré doit cet argent. (Baba kama 100, 2) et (Choulhan Aroukh 386, 2)

Dans notre cas, Binyamin n'a jamais fait acte de réception puisqu'il a cru que ce chèque était signé par Yaakov. Le chèque, bien que donné, n'a jamais été accepté et il est resté la possession de Yaakov. Quand il l'a déchiré, c'est donc le chèque de Yaakov qui a été endomagé. Yonathan doit le lui réécrire car il a fait une transaction avec Yaakov et il lui doit cet argent. Le fait que le chèque soit déchiré n'efface pas la dette.

Si Yonathan persiste et refuse de signer un autre chèque, Binyamin devra cet argent à Yaakov selon certains décisionnaires. En effet, certains (Rav Shlomo Zalman Auyerbach שמיטת כספים כהלכתה) et (Rav Wosner Chevet Halévi 9, 291, 5) considèrent un chèque, de nos jours, comme une vraie monnaie et pas simplement comme une reconnaissance de dette. Dans ce cas, Binyamin, même s'il a commis un acte sans intention de nuire devra cet argent comme tout dégât commis sans intention. Par contre selon les décisionnaires considérant que le chèque n'est pas plus qu'une reconnaissance de dette (Rav Elyachiv), un acte sans intention ne rend pas responsable (en vertu de la règle , degarmi béchogueg).

Rav Yossef Simony 

 

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