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Les paroles ne s'envolent pas

Les paroles ne s'envolent pas 

La pureté des Cohanim

Notre sidra commence par les lois d’impureté ou plutôt de pureté. En effet, les Cohanim, choisis pour la fonction sacrée, le service au Temple et pour bénir Israël, ne peuvent se conduire librement à ce sujet. Ils sont astreints à rester purs et à ne pas avoir de contacts avec aucun mort sauf pour un de leurs proches, à D. ne plaise.

La parole pure, vivante  et créatrice

Le midrach souligne l’utilisation du terme ‘’émor’’ pour aborder ce thème de pureté. Cela nous renvoit au verset ‘’imrot Hachem amarot téhorot’’, les paroles de D. sont des paroles pures. Dans quel sens, se questionne le Midrach ? Il répond par une parabole. ''Un roi de chair et de sang entre dans une ville où il est reçu avec tous les honneurs. Il en est tellement flatté qu’il leur promet d'effectuer des travaux publics et à sa charge. Mais le lendemain, il va dormir et ne se relève plus. Qu’en sera-t-il de sa promesse ? Probablement rien !! D., Lui,  n’a jamais failli à  Ses promesses.

Question : Quel rapport entre la pureté et l’accomplissement des paroles et des promesses ?

Il faut savoir que la parole de l’humain est ce qu’il a de plus réel. Quand le verset dit que D. a insufflé un souffle de vie en l’homme, Onkélos explique qu’Il lui a donné la parole. Le Zohar dit qu’Il lui a donné quelque chose de Lui-même, car ‘’celui qui insuffle, insuffle de lui-même’’. D a donc accordé un attribut divin à l’homme.

Or la parole de D est créatrice. Il n’est de parole de D qui n’ait eu de répercussion. Rappelons que D a créé tout l’univers en dix paroles. L’homme dans sa dimension la plus haute ne dit rien qui n’ait une quelconque répercussion. Ceci est vrai tant qu’il est pur et qu’il ressemble à son Créateur. On ne peut revendiquer des attributs divins quand on ne se conduit pas en relation. La parole de l’homme peut n’être qu’une communication sans teneur particulière quand elle perd de sa pureté. Il va être compris. Il pourra acheter sa baguette et communiquer avec les autres humains etc. mais est-ce que ses paroles vont avoir la puissance de celles du Juste ? Quand le Juste parle, ses paroles vivent et font vivre. Combien de situations avons-nous vécu dans lesquelles le Juste a parlé et sa parole a changé le cours d’une vie etc. Ce n’est pas seulement parce qu’il a une aura de grandeur autour de sa personnalité. C’est parce qu’il existe vraiment et sa parole aussi vit.

Une parole pure et vivante et elle fait vivre et s’accomplit donc toujours. C’est le sens de cette parabole.

Lachon hara, la médisance

Le Midrach continue en citant la situation très particulière de la période de David. Les enfants étaient tellement érudits qu’ils dérivaient chaque enseignement de la Torah en 49 facettes. Alors pourquoi les soldats de cette époque mourraient-ils en guerre ? Car leurs paroles n’étaient pas pures. Ils étaient médisants (pas les enfants, les adultes de cette génération). Par contre, à l’époque de A’hab, ils étaient païens mais leurs soldats ne mourraient pas. Car ils ne pratiquaient pas la médisance.

Il faut comprendre que le Midrach nous enseigne la manière de conserver sa bouche pure et de laisser à la parole le pouvoir créatif qu’elle a. Il ne faut pas médire, pas de lachon hara. C’est la source de l’impureté qui rend impuissant notre faculté la plus belle. 

Le pouvoir créateur des paroles

Le Talmud (Baba batra 10) rapporte une discussion intéressante. Rav Papa entend de la bouche d’Abayé une affirmation étonnante : ‘’Le monde ne tient que sur la Torah des enfants’’. Rav Papa s’étonne ! ‘’Et la nôtre ?’’. Abayé rétorque : ‘’La parole qui a fauté n’est pas aussi forte que celle qui n’a jamais fauté’’.   Les commentateurs remarquent qu’on ne dit pas la parole de ceux qui ont fauté mais la parole qui a fauté, pourquoi ? Parce que des hommes tels Rav Papa et Abayé n’ont sûrement pas fauté à ce point. Mais c’est la parole qui est en faute. Mahari Tats (35), explique que parfois on étudie et on tient tête inutilement etc. La parole est alors déjà souillée ! Elle n’est plus aussi puissante que celle des enfants qui elle… construit des mondes : un univers entier.

Rappelons-nous toujours que D a protégé des païens unis plutôt que des érudits délateurs.

Les Cohanim

Les cohanim ont été désigné parmi les juifs pour se consacrer entièrement à D. Ils ne devront pas recevoir de part en terre d'israël durant le partage du pays, parce qu'ils n'auront pas le temps de la travailler. Ils vivront donc de la dîme. Quelle est leur tâche? Relier leur frères a la pureté. Mais quest-ce que la pureté? C'est la parole de D. ''imrot Hachem amarot téhorot''. Celles avec lesquelles, Il a créé le monde. Elles contiennent toute la pureté accordée à l'homme. Mais il faut s'y relier. Comment? Par les dibrot, les autres mots, ceux des dix commandements, asseret hadibrote.

Dibrot et amarote 

Car il y a une nuance entre ces deux termes. C'est pour cela que D. a créé le monde avec des amarote (béassara maamarote nivra haolam) et a donné la Torah avec des dibrote. Dibrote est dérivé de dabar, c'est à dire dirigeant. C'est la Torah (asseret hadibrote) qui agit dans la dissimulation que constitue la création, et nous montre D. Elle nous relie à la source et nous rapelle que nous sommes des produits des amarote téhorote. Cette liaison ne peut s'établir qu'avec la condition préalable: celle être pur. Double recommandation pour les cohanim mais aussi pour nous tous car la Torah est offerte à chaque juif!   

 

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