· 

Torah - Hessed= 0!

בס"ד

 


La médisance,

Est-ce seulement

Pathologique?

 

La fête de Chavouot revêt un double message. Elle est le temps choisi par Le Saint, béni soit-Il, pour offrir ce qu'il a de plus précieux à l'humanité, la Torah. En cela Chavouot se veut le point de départ d'un nouveau peuple puisque désormais associé à la Divinité et à Sa sagesse. Le Zohar va très loin à ce sujet en affirmant que la Torah, Israël et D. ne font qu'un, tant il y a eu fusion en ce saint jour.

 

Puis Cet événement de l'année invite à la réflexion et plus encore, à une recherche de nature presque historique: Pourquoi avons-nous tant plu au Créateur? D'où jaillit cet amour sans fin et inconditionnel, car malgré tous nos écarts nous restons ''la prunelle de ses yeux'', selon les termes du Talmud.

 

Nous serions tentés de rectifier la formulation de cette question. En effet, l'amour du Divin est à l'image de celui de l'humain, indescriptible. Nos Sages l'ont formulé à leur manière en énonçant la règle bien connue: ''Quand  l'amour est rattaché à une chose, il disparaitra un jour'', comme pour dire qu'aucune chose n'est à la source de l'amour. On aime car on aime.

 

La question qui nous passionnera sera donc un peu différente. Puisqu'Hachem nous aime avec continuité, en quoi le jour de Chavouot a-t-il été le plus propice au don de la Torah, en d'autres termes, à l'union?

 

Cette recherche est-elle historique? Oui et non. Elle l'est dans le sens où nous devons retrouver une situation qui a été et qui a eu des conséquences. Et, les historiens seront à mes côtés quand j'affirme que le passé est une source dans laquelle nous devons puiser le savoir faire du futur.

 

Puis, elle ne l'est pas vraiment, car les textes nous enseignent que le temps est une création. Il n'est pas une suite mais une répétition dans laquelle chaque événement est inscrit de manière indélébile pour le bien et pour le pire. Si nos ancêtres ont éprouvé une élévation de l'âme qui a trouvé grâce aux yeux du Créateur, l'époque en est porteuse et nous devons et pouvons en jouir!

 

Le don de la Torah a coïncidé avec la perfection dans la vertu d'amour du prochain

 

Ce que nous savons est la chose suivante: Les enfants d'Israël furent ''tels un seul homme, avec un seul cœur'' autour du mont Sinaï, à attendre la grande révélation. Le verset parle d'eux au singulier, ''Israël a campé là-bas'' et non ''ils ont campé'', comme il conviendrait de dire à propos de quelques millions d'êtres. ''La Torah, son début est bonté, son milieu est bonté et sa fin est bonté'' ont constaté nos Sages. Tout se passe comme si la Torah qui est union ne pouvait être dévoilée qu'à cette condition. Rien d'étonnant donc! Comment une loi de bonté et de charité pourrait-elle se lier à un peuple déviant de cette orientation?

 

Mais allons plus loin dans l'idée. Le jour de Chavouot est l'occasion, dans les communautés ashkénazes, de lire le livre de Ruth. Le midrach est formel: Rabbi Zéhirah a dit: ''Tu ne trouveras dans le livre de Ruth aucun enseignement de halakha. Elle a été écrite pour t'enseigner la récompense de ceux qui pratiquent le 'hessed (la charité, la bonté)''. Nous comprenons donc aisément la raison pour laquelle nous la parcourons en ce jour de don de la Torah. Ruth la prosélyte, est un exemple de vertus de cœur, en réalité la somme de toutes réunies. Elle verra pour cela, siéger son arrière petit fils, Salomon, sur le  trône ''céleste'', et elle, assise à ses côtés, nous apprend le midrach. Elle a hérité de la chose tant convoitée qu'est le Messie pour une seule raison: elle s'est parfaite dans la vertu de charité et d'amour du prochain. Il n'y a rien d'autre à chercher dans le livre de Ruth hormis la recette exacte de l'accès à la Torah .

 

Mais puisque la Torah est en toute place complète, le récit de Ruth renferme cette vérité et son contraire. C'est en la personne d'Elimélekh que nos la décèlerons. Son histoire commence par la décision de quitter la terre d'Israël à un moment où elle a tant besoin de lui. Il était en effet à la tête d'une immense fortune qui à elle seule aurait suffit à nourrir un peuple affamé et sans ressources durant les années de carence. Qui est cet homme et pourquoi se sauve-t-il?  C'est là que se dresse l'une des grandes énigmes à résoudre si l'on veut comprendre notre fragile nature et les conséquences désastreuses qu'une petite faille peut causer sur un immense roc humain. 

 

 

 

Un manquement dans cette vertu d'amour du prochain est une brèche dans la muraille du judaïsme

 

Elimélekh a été le plus grand homme de sa génération, celui vers qui tous les yeux étaient rivés quand il fallait légiférer conduire et guider. Son nom l'indiquait d'ailleurs: Elimélekh, signifie ''à moi la royauté'', ce qu'il proclamait en toute conscience, à savoir qu'il se sentait apte à mériter le titre entièrement spirituel de roi d'Israël. Un homme associé en quelque sorte à D. dans la bonne marche de son peuple. Il ne voulut pas gaspiller sa méga fortune en la dilapidant à la charité. Ce choix est légitime mais il est tellement  en contraste avec la description de sa stature, que l'on a du mal à accepter cet aspect littéral du midrach.

 

Poursuivons la réflexion. Ses deux fils, Ma'hlone et Kilione  ont été surnommés ''Efratim'' au nom d'Ephraïm le fils de Yossef. Ils étaient en effet, nous apprend le midrach, les dignes représentants d'Ephraïm. Celui-ci occupait l'illustre fonction de Roch Yéchiva à Gochen en Egypte, celle où étudiaient le Patriarche Jacob et ses fils. Jacob en mourant souhaitera à Ephraïm de conserver ce titre à jamais car chaque homme qui détiendra une fonction similaire sera appelé en son nom, ''Efrati''. C'est dire que l'on parle de deux jeunes gens de grande qualité. Ils connaissaient parfaitement la Torah et l'enseignaient depuis leur adolescence. Pourtant que l'homme est fragile! Il suffira d'un déménagement en terre de Moab, pour les faire péricliter au point de marier deux non-juives, Ruth et Orpah, sans même attendre de les convertir. Où est l'assurance tous risques nommée Torah? Pourquoi ne les a-t-elle pas protégés de la chute?

 

Il faut savoir, avant d'aborder les textes, que nos Sages ne se sont jamais souciés de relater les faits tels que le commun des mortels a pu les voir. Ils ont toujours résumé la vérité à son point essentiel. Cet épisode en est l'illustration. Elimélekh a en effet occupé ce ''poste'' de grand de la génération. Mais cette génération a été celle où ''l'on jugeait les juges'' selon les termes du premier verset de Ruth. Ils étaient imparfaits. Quelle était l'imperfection d'Elimélekh?

 

En quittant Israël et ses frères il ne fait aucun doute qu'il prenait une décision mûrement réfléchie. Le Sages qu'il était n'a pu se laisser leurrer par des considérations aussi viles que l'avarice et l'indifférence. On ne juge pas ces hommes de la bible aussi légèrement! Il nous faut conclure que sa ''fuite'' visait à amender et à bonifier ses ouailles. Il semble très probable que son message, qu'il croyait juste et nécessaire, était: ''Ne mettez pas votre confiance en l'homme, c'est votre D., et non moi, qui pourvoira à vos besoins''. Il le clama sûrement très fièrement dans son allocution de départ. Mais nos Sages ont perçu, dissimulé dans les replis de son âme, un défaut que lui-même n'a pas soupçonné: la cupidité! Ce fut là, sa véritable motivation. Comme l'homme est petit. Il parle avec conviction et noblesse quand tout n'est que mesquinerie! Elimélekh lui-même l'ignorait, car il ne fait aucun doute qu'il n'aurait pas agit ainsi consciemment. Et à partir de là, tout est permis, car la Torah sans 'hessed (bonté) est vidée de son sens. Il va à Moab, pays de perdition, croyant être imperméable aux influences néfastes, tant il s'est paré de Torah. Il s'égare et égare les siens, car sa sagesse et celle de ses enfants est loin de renfermer l'intériorité que nécessite un périple pareil. En effet, la Torah sans 'hessed est vidée de son essence car elle n'est que 'hessed.  Afin de nous en convaincre, n'oublions jamais que le précurseur du monothéisme a été celui du 'hessed. Il ne s'agit pas d'une coïncidence si ces deux vertus se sont retrouvées chez le même homme. Croyance et 'hessed sont intimement liées dans un contrat d'interdépendance.

 

Ce sont quelques réflexions qui confirment notre introduction et nous permettent d'aborder ces textes avec un soupçon en plus, de compréhension.

 

Pourquoi la médisance est-elle une faute si grave?

 

L'analyse de toute chose, pour nous esprits terriens, n'est jamais complète quand elle n'offre pas une vision et un accès à celle-ci, par rapport à son opposé. Le blanc ne l'est que parce qu'il se distingue du noir, le bête de l'intelligent, etc. Bref, nous ne faisons que comparer. Nous savons maintenant que l'union signifie Torah. Mais que se dissimule-t-il derrière la mésentente? Pour le savoir il n'y a rien de mieux que de percer le secret de la médisance, source de presque toute discorde.      

 

Le lachon harah, la médisance, est souvent décrit comme un besoin chez ceux qui le pratiquent. Il est motivé, selon cette approche, par une faiblesse d’ordre psychologique et une blessure infligée par autrui. On en éprouve en retour un besoin de se ''décharger'' ou quelquefois même de se venger. Le midrach suivant va infirmer cette thèse et donner une autre dimension à cette pratique, plus grave, et beaucoup plus spirituelle, donc moins excusable.

 

Le midrach veut comprendre comment David en est arrivé, dans ses Psaumes, à demander à D. de se retirer jusqu’aux cieux. Il L'implore de ne plus résider parmi Son peuple jusqu’à qu’il se repentît. Les enfants, à l’époque du roi David, étaient pourtant capables depuis leur jeune âge d'embellir chaque enseignement de la Torah en lui offrant ‘’49 facettes de pureté ou d’impureté’’, en d’autres termes, ils étaient de fabuleux talmudistes capables de discerner toutes les finesses de la sagesse divine.

 

Ceci ne manquait pas au début d’attirer l’admiration du roi qui, devant cette profusion, suppliait D. de protéger cette fabuleuse richesse. Mais David devait souffrir de tribulations que nous connaissons durant lesquelles il put, à son étonnement, constater la pratique de la délation chez les … plus grands Maîtres de la Torah, Doèg et A’hitofél. ‘’Elève-Toi jusqu’aux cieux’’, retire-Toi car c’est une génération qui ne mérite pas la Chékhina. Autrement formulé, cette Torah est superficielle. Le résultat, nous dit le Midrach, est que les soldats de David, mouraient au combat.

 

Par contre, poursuit le Midrach, les soldats d'A’hab le mécréant, ne tombaient pas sur le champ de bataille. La Présence divine les accompagnait. Pourquoi? N'étaient-ils pas tous idolâtres? Effectivement, rétorque le midrach, mais ils ne pratiquaient pas la médisance ni encore moins la délation. En témoignera l'épisode durant lequel Eliyahou clame publiquement qu'il est dernier des prophètes, Isabelle les ayant tous assassinés,  alors que tout le peuple savait qu'il fournissait en vivre ses semblables, tous réfugiés dans une grotte. Personne ne l'a dénoncé.

 

Ce midrach est  surprenant. Des idolâtres sans médisances valent-ils mieux que des talmudistes calomniateurs ? Ne nous empressons pas de tirer cette conclusion, le jugement appartient à D. Mais la chose est sûre: les uns méritent la protection de leur Créateur tandis que les autres non, pourquoi?

 

Le lachon Hara est l'extrait du mal, car il a été la cause du malheur de l'humanité. Aimer le pratiquer signifie aspirer au mal.

 

Pour y répondre, nous devons nous référer à un magnifique enseignement de Rabbi Tsaddok HaKohen de Lublin. Il s'interroge sur la raison de la gravité sans pareil du lachon hara. Le talmud l'évalue comme une transgression des trois interdits cardinaux et plus: l'idolâtrie, le meurtre et l'inceste. Comment une parole interdite peut-elle ressembler à tant d'abominations en même temps? Sa réponse est remarquable. Selon lui, il s'agit là d'un des secrets de notre religion. Mais il offre quand même une description du phénomène bien que ce déclenchement soit énigmatique. Celui qui médit se rallie au serpent dont le péché de lachon hara est à l'origine du malheur de l'humanité. La faute originelle n'est pas seulement le premier des égarements, elle est l'essence par excellence du péché, le rejet par la parole de La Divinité, puisque ce venin Lui était destiné. En disant du mal, on fusionne donc avec l'essence du mal, c'est là sa terrible conclusion.

 

Cette explication, se voulant très restrictive par l'annonce de son caractère de ''sod'' (secret),  est cependant très riche en plusieurs aspects.  Nous en retiendrons un en particulier. Il nous permettra de saisir pourquoi l'homme est si enclin à la médisance. Car en toute honnêteté, force nous d'avouer que cette pratique nous procure un plaisir presque… charnel. Est-ce seulement un soulagement ou une satisfaction d'avoir été vengé? Rabbi Tsaddok nous ouvre un nouvel horizon.

 

Le lachon hara est la fusion avec l'essence de la faute. L'inclination à le pratiquer est donc l'envie de goûter à l'intensité que renferme la mère de tous les maux et de tous les plaisirs interdits et néfastes. C'est la tentation au mal par excellence. Un appel à la médisance est une propension à vouloir vivre intensément et de manière extrême car c'est un attrait au mal et au péché le plus grand.

 

La génération de David a été celle de connaissance de la Torah mais a-t-elle aussi été celle de l'aspiration au bien? Négatif, puisqu'ils étaient enclins au mal comme en témoigne leur propension à la médisance. Ils étudiaient la sainte sagesse, mais ne l'appréciaient pas comme elle doit l'être, sinon pourquoi n'étaient-ils pas éblouis par la richesse de chaque juif au point d'en oublier ses défauts. En effet, celui qui aime la sainteté la détecte partout où elle est, fut-elle nichée derrière une carapace de défauts. Empreint de cette disposition d'esprit, celui qui entre en contact avec un fils d'Israël est charmé par ce contact avec ''l'ami'' de D. et ''la prunelle de Ses yeux''. En d'autres termes ils étaient voués à la chute spirituelle car leurs connaissances ne leur donnaient pas d'accès à la sainteté et ils n'y prenaient pas goût.

 

Les contemporains du roi mécréant, A'hab, ne relevaient pas le mal chez autrui. Aussi étonnant que cela puisse paraître, nous devons en conclure qu'ils étaient davantage disposés au bien et au pur que leurs ancêtres de l'époque de David. La preuve en est leur proclamation ''Hachem est notre D.'' suite à la cérémonie du mont Carmel.

 

Cet enseignement, éclaire encore un peu la raison du choix de l'étape du mont Sinaï pour offrir la Torah: ils étaient unis. Cette dimension ne rélevait d'une simple vertu mais  elle était l'aspiration du peuple au bon et au bien. Un peuple qui se refusait à voir le mal tant il était aveuglé par la beauté et la lueur spirituelle du juif. Cela signifiait qu'ils étaient à recherche de la spiritualité et D. offrait Sa Torah à un peuple assoiffé de la recevoir.

 

Puissions-nous aujourd'hui leur ressembler, en cette période, comme nous l'avons déjà souligné, propice car porteuse de ce trésor de vertus. 

 

Écrire commentaire

Commentaires: 0