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il n'y a pas le feu! (réédition, remaniée)

Etre sensible à la douleur:

Nous ne connaissons rien ou presque à propos de la jeunesse du Patriarche Avraham. Nous savons qu'un jour, D. s'est déclaré à lui, en lui ordonnant de quitter son pays et sa famille. Ce que nous enseigne le Midrach est, qu'il avait en réalité pour famille, toute l'humanité. C'est dans cette optique que D. lui demande de quitter sa petite cellule car il était bien plus grand que cela.

Rabbi Its'hak, dans le Midrach (Rabba Lekh lékha) enseigne que le Patriarche était tel un itinérant, qui au milieu de ses pérégrinations, avait aperçu un château splendide mais en feu. ''Est-ce possible qu'une si belle demeure n'ait pas d'intendant qui se soucie d'éteindre cet incendie?''.

Aux yeux, d'Avraham l'amoureux des humains, un monde sans ordre n'était pas concevable L'humanité sans intervention active de l'intendant, D, n'était pas une place viable ni agréable. Le bâtiment était en flammes.

Avraham est sorti de son petit cercle et il a souffert le mal de toute l'humanité.

Il n'a pas regardé son petit jardin avec son gazon bien tondu, son compte en banque raisonnablement fourni etc. Il a voulu ressentir le véritable mal des humains: la petitesse, celle que tout homme a sans D.

C'est ainsi qu'il devint le père d'une multitude de nations et surtout qu'il offrit au monde la solution Torah.

 

Notre douleur personnelle:

Nous ne sommes pas tous des patriarches. Nous ne sommes pas forcément, à cette dimension de ressentir si intensément, la douleur d'autrui. Mais souvent aussi, la notre passe inaperçue! Notre vie n'est pas toujours perçue comme elle le devrait: un gâchis, celui d'un château en feu dont personne ne prend soin.

Notre château est en effet, souvent ravagé par les flammes. Nous restons petits, parfois insignifiants. La solution, nous la connaissons car les Patriarches nous l'ont enseigné. Nous avons mérité, grâce à leur languissement pour le spirituel, ce jour du don de la Torah.

Or, celui qui ne souffre pas, ne fait pas appel aux élixirs. Nous ignorons les bienfaits de la Torah car la vie coule sans que nous soyons attentifs à nos véritables carences.

 

Le ratsone , la volonté

L'être humain a la faculté de percevoir les signaux les plus fins en provenance de son âme. Il sait ce dont il a besoin. C'est le ratsone, la volonté. C'est dans ce sens que nos Sages ont énoncé que rien ne peut s'opposer à la volonté d'un homme. Car la volonté, quand elle jaillit réellement de l'âme signifie son besoin de réalisation de l'homme. Et D. accorde à chacun tous les outils indispensables à cet effet!

Boaz, le soir où il va rencontrer sa future femme, Ruth, a le baume au coeur: Vayitav libo, son coeur s'est bonifié. Nos Sages commentent: il a ressenti le besoin d'une épouse car la femme est le tov, le bien pour un homme comme il est dit etc. Son coeur lui a lancé des signaux. Il a eut envie de se marier et sa femme est venue s'allonger à ses pieds.

Le midrach cité plus haut parle d'un édifice en feu. L'expression utilisée est bira doleket. Sfat Emet lit doleket (en feu) d'une autre manière. Doleket devient poursuite (lama dalakta, pourquoi m'as-tu poursuivi? à propos de Jacob et Lavane). Avraham a perçu que le monde, ne courrait en réalité qu'après une seule chose, mais sans le savoir: D. Derrière toutes ces courses matérielles effrénées, se cache une vraie ambition, celle de suivre les préceptes de D. 

 

Croire en la force de guérison de la Torah:

Ce que nous on enseigné nos Patriarches, est d'une valeur incommensurable. Ils ont cru en la Torah avant que celle-ci n'ait été donnée à l'homme. Ils savaient et ils ressentaient que D. avait une solution pour notre mal de vivre, avec soi et les autres ainsi que pour notre réalisation. Tous ces besoins, ils les ont ressenti comme l'a enseigné le midrach en parlant d'Avraham.

C'est le sens de notre prière quotidienne avant la récitation de chéma: ''Par le mérite des Patriarches qui ont cru en toi, et c'est pour cela que tu leur a enseigné les préceptes de ta volonté etc..

Les Patriarches savaient que D. n'abandonnerait pas l'homme dans sa souffrance. Ils y ont cru. Il y avait une solution et D., dans sa miséricorde allait nous la fournir.

  

C'est ainsi qu'il faut vivre au quotidien: Avoir mal et savoir qu'il y a une solution en notre sainte Torah puis la rechercher là ou elle est: dans les maisons d'étude!

 

Hag Saméa'h

Rav Yossef Simony

 

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Elharrar (vendredi, 18 mai 2018 06:57)

    Rav. Très beau !!! Hazak pour ce zikoui haranim. Excellente Kabalat Hatorah

  • #2

    Yossef Simony (vendredi, 18 mai 2018 08:52)

    Hazak oubaroukh tihyé
    Merci!

  • #3

    Patrice Rubin (vendredi, 18 mai 2018 09:45)

    Très beau texte sur l’amour de l’autre la Émouna et la force de l’étude ! Qu’Hachem nous apporte la délivrance chabbat chalom et hag sameah

  • #4

    Yossef Simony (dimanche, 20 mai 2018 15:20)

    Merci Patrice