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Le secret d'Israël: la puissance de la bénédiction des cohanim

La Torah est vraie et elle le prouve

 

L'une des particularités du Midrach sur la parachat Nasso est sa longueur. Le Baal haMidrach n'a pas lésiné sur les versets à l'appui ainsi que sur la diversité des commentaires. Le 'HidouchéhaRim a commenté cette prolixité (ainsi que celle du Zohar sur cette paracha puisqu'on y trouve la fameuse Idra) par le fait que laparachatnasso est lue après la fête de Chavouot, du don de la Torah. Nous sommes encore proches de la source et tout y est en abondance.

 

Le Midrach a même confirmé son origine divine sans que rien ni personne ne puisse infirmer cette proclamation: La Torah est une loi de vérité édictée par D. et ceux qui l'étudient sont inspirés par lui. Voici comment le Midrach formule cette déclaration (MidrachRabbanasso 11): "hinézéomeda'harkotlénou, Le voici,Il se tient derrière notre mur" (Cantique des Cantiques) c'est le mur ouest du Temple qui ne sera jamais détruit, pourquoi? Parce que la Chékhina, la présence divine y est en permanence.

 

Ce midrach est d'une puissance extraordinaire. Comment un humain qui se respecte peut-il affirmer au nom de D. qu'un mur traversera sain et sauf toutes les guerres et tous les cataclysmes? Qui peut assurer que la tour Effel ne sera pas la prochaine cible d'un dément illuminé? Il est une seule et unique réponse à cette interrogation: D. Lui-même, l'a fait savoir à Ses Sages qui l'ont retranscrit dans le Midrach. La Torah est vraie et les Sages représentent D. sur Sa terre. Tant et si bien que le Midrach intitule cela Le voici, Il se tient derrière notre mur. D. est là, Il se tient face à nous. Il faut simplement désirer le voir en réalisant la portée de cette preuve irréfutable, Mochéemetvétoratoemet, Moïse est vrai et sa Torah est vraie. Cette grandiose vérité, les Sages l'ont introduite dans le Midrach de la portion nasso, celle que nous lisons après Chavouot. Pourquoi? Parce que nous sommes encore près de la source qui jaillit et nous la sentons tellement vraie, tellement palpable. Personne ne peut nous en faire douter!

 

Ce verset, dans la suite du Midrach, est commenté à propos de la présence de D. dans les synagogues et dans les Maisons d'étude et la… bénédiction des Cohanim. Eloqimnitsav, D. n'y est pas seulement présent, Il est debout dans le sens de prêt à bondir, si seulement on Le lui demande par la prière. C'est pour cette raison que ce verset se réfère aussi aux synagogues "hinézéomeda'harkotlénou, Le voici, Il se tient derrière notre mur". Il y est "palpable" tout comme au Mur des lamentations. Il faut simplement désirer l'y voir. Le juif prie et voit sa requête accordée. S'il n'accorde pas ce miracle à une pure coïncidence, il verra, grâce à cela, D. derrière le mur de la synagogue.

 

Mais le Midrach continue à nous combler en décrivant le souci de D. pour Ses enfants. Machguia'h min ha'halonot, (Cantique des Cantiques) Il surveille de derrière les fenêtres. Quand D. a ordonné à Aharon et à ses enfants de bénir Ses enfants, Israël a dit a rétorqué: "Maître du monde, Tu demandes aux Cohanim de nous bénir, nous ne désirons que tes bénédictions. Le saint béni soit-Il leur a répondu: "Même si J'ai ordonné aux Cohanim de vous bénir, Je me tiendrai avec eux et Je vous bénirai en même temps qu'eux.

 

Le saint béni soit-Il est à l'affut de nos besoins. Il guette derrière les fenêtres pour constater ce dont nous manquons et y remédier. Il ne nous manquera jamais rien si nous savons jouir de cette bénédiction quotidienne car même si un homme rêve qu'on lui scie sa jambe, qu'il se lève le matin et aille écouter la bénédiction du Cohen et il ne lui arrivera rien".

 

C'est cette situation très particulière qui met en relief la relation tellement forte qui nous unit à D. Il est là, présent et "palpable" au Mur et dans toutes les synagogues, pour celui qui veut Le voir, car Il exauce nos prières et nous place au-dessus de toutes les nations dans tous les domaines.

 

D. est présent et palpable parmi nous comme Il l'est en haut

 

L'ordre de la bénédiction du Cohen pour ses frères, commence par "ko", ainsi. "kotébar'ekhou, Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël". Cette expression laisse penser à la nécessité de préserver une similitude. Elle se rapporte évidemment aux mots de la bénédiction qui seront immuables mais aussi à l'esprit et à l'intensité du sentiment et de la sainteté qu'elle véhicule. Le mot "Cohen" peut d'ailleurs être lu en deux temps, "co" et "hen" "ainsi" et "ici". Tout se passe comme si, le Cohen était la force qui transposait le "co", la ressemblance, à "ici" bas. Cette tribu est celle qui va permettre de faire ressentir D. parmi nous parce qu'Il peut, par eux, y résider.

 

"kotébarékhou, Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël" signifie donc, vous transposerez ma Présence sur terre. Ce sera "ko", ainsi aussi sur terre et non seulement, baélionim, dans les hautes sphères. La bénédiction du Cohen est tellement écoutée par D. que l'on ressent Sa présence. Il agit constamment et l'on perçoit son action.

 

C'est le sens du prochain Midrach, mitatochéliChlomo", "voici le lit de Salomon, il est entouré de soixante guerriers" Salomon c'est une allusion à D. qui est source de la paix, Chalom. "Il est entouré de soixante guerriers", ce sont les soixante lettres qui forment la bénédiction des cohanim. Méguiboré Israël, elles donnent de la force à Israël.

 

Ce Midrach est ardu. Il nous a été donné de saisir une fine pellicule de son sens. Car comment admettre que D. ait besoin de guerriers autour de son lit. Il faut donc interpréter de la manière suivante. D. veut vivre et siéger parmi nous et donner de Ses bienfaits (le lit est souvent, dans le Midrach, une allusion au Temple et à la Présence divine qui bénit et multiplie Son peuple, comme le symbolise le lit conjugal) mais des choses et des évènements l'en empêchent. La preuve en est, le Temple n'est plus à Jérusalem. Ce sont Ses guerriers qui assurent l'accomplissement de son vœu. Ils sont symbolisés par la bénédiction des Cohanim car elle prouve combien D. est parmi nous, "Le voici, Il se tient derrière notre mur".

 

Une petite condition quand même…

 

Le Midrach (nasso id.) fait remarquer que l'ordre de la bénédiction des Cohanim vient après la section traitant du Nazir. Cet homme a fait preuve d'une grande intelligence, car en voyant où pouvait mener le vin, à la débauche, il se l'est interdit. Il mérite alors toutes les bénédictions. La condition pour la bénédiction de D. par le biais de Ses prêtres est donc la pudeur et la chasteté. Nous allons comprendre que cette condition a été précisée depuis l'origine de cette bénédiction.

 

Car le Midrach (id.) dévoile d'autre part l'origine de cette bénédiction. D. a décidé de nous l'accorder depuis l'ère du Patriarche Avraham. "Ko ihyézar'akha, ainsi sera ta descendance". L'expression "ko" revient et fait, selon le Midrach allusion à ce don de la bénédiction des Cohanim”ko tébarékhou, Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël". "Ko ihyézar'akha", ainsi sera ta descendance" a été annoncé à un vieil homme qui n'espérait plus avoir d'enfants. D. l'élève au-dessus des cieux et lui ordonne "échappe aux influences des signes du zodiaque, tu auras des enfants car tu es sous Ma seule influence, et ainsi seront tes enfants" (MidrachBéréchit). Ces deux textes se rejoignent de manière évidente et sublime. D. élève le Patriarche et le place au-dessus de toute emprise. Il est désormais régit par D. Ses enfants aussi le seront "ainsi sera ta descendance" et tout cela est résumé en un seul mot "ko". Tu es et restera "ko", "ainsi" à savoir avec moi dans les cieux et il en sera de même pour tes enfants. D. va simplement transporter sa Chékhina, Sa présence sur terre par l'intermédiaire du "ko", celui du cohen, "ko" "hen", "ainsi", et "ici" pour dire ainsi, comme en haut mais "ici" en bas.

 

Mais le Midrach continue, "hinézéomeda'harkotlénou, Le voici, Il se tient derrière notre mur" c'est D. qui est venu rendre visite à Avraham le troisième jour de sa mila. Le Patriarche a voulu se lever mais D. l'a fait rassoir. C'est un signe pour Tes enfants qui seront assis dans les salles de prières et d'étude et moi je serai debout".

 

Ce Midrach est confus. D. refuse-t-il le respect du Patriarche? Et d'autre part que signifie être debout pour D. Ce passage décrit comment et pourquoi D. se tient derrière nos murs, pourquoi est-il si actif au point que Sa présence est tellement sensible? Car nous allons être dans les salles d'étude et de prière mais pas de n'importe quelle manière! Uniquement à l'instar du Patriarche qui vient d'amputer son corps et celui de sa descendance. Son dessein a été de les écarter de la luxure et des relations interdites. Seulement ainsi D. accomplira sa parole, d'être debout, à savoir actif. La promesse "Koihyézar'akha, ainsi sera ta descendance", celle de constater l'action de D. en notre sein comme s'il agissait ouvertement, "hinézéomeda'harkotlénou, Le voici, Il se tient derrière notre mur" est conditionné par la pureté, la chasteté et la pudeur.

Chabbat Chalom

Rav Yossef Simony

 

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