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Désir partagé

Un commandement , une promesse et une réalité.

Kédochim tih’you vous serez saint, ki kadoch ani, car Je le suis. C’est normal de devoir ressembler à D. puisqu’il a conclu une alliance avec nous. Qui s’assemble doit se ressembler !

Mais c’est aussi une promesse : il y a possibilité de sanctification étant donné la proximité avec le Créateur.. On ne pourra que s’en imprégner.

Et ensuite une réalité : le peuple est saint. Rachi dit en effet que cette paracha a été dite en public. On voit dans ce commentaire une allusion au fait que seule l’entité d’Israël est sainte. Pas le particulier, celui qui s’est mis à l’écart. Le Noyau a été sanctifié et plus on s’y rattache, davantage on se sanctifie. Mise en garde pour les ascètes solitaires, pleurnicheurs et grondeurs, jamais satisfaits de l’apparence et de la nature de leurs frères. La kédoucha est obtenue par l’amour du prochain et la soudure de notre nation car c’est là où elle se trouve.

Kidéchanou, vétsivanou.  

Chaque bénédiction fait précéder le kidéchanou, la sanctification au tsivanou, à l’ordonnance. Car la kédoucha est un désir de rapprochement vers davantage de proximité.

Quand on épouse une femme, c’est le terme kidouchine qui est utilisé. Elle se sanctifie par le biais de la réservation exclusive de sa féminité à l’homme qu’elle a choisi. Elle pourra travailler chez un autre homme, lui parler etc. Mais ses désirs, de la chair et de l’âme, ne seront pour personne d’autre [1]. C’est cette décision et cette volonté qui créent la sainteté. Car le désir de proximité et l’accord de celui qui rapproche vont les faire se réaliser tous deux, comme en est la volonté suprême. Celui qui inclut, et l’autre qui pénètre dans un nouveau domaine, vont construire un nouveau monde spirituel par le tsivouy l’ordonnance de procréer. Il y a donc kédoucha, ou volonté d’accession à une autre dimension, plus haute, par le désir. Puis tsivanou, par le ‘hibour l’union. La pensée puis l’acte.

Mitsva est dérivée de tsavta, être ensemble. C’est ce que nous propose D. Mais au préalable, il faut désirer l’être : c’est l’état de kédoucha. Un désir mutuel de vivre ensemble, d’être réservés l’un pour l’autre. D. avec Son peuple et le peuple avec son D.

C’est pourquoi D. nous a donné Sa Torah

Le Midrach se demande quelle est la bénédiction que Moïse a prononcé avant d’étudier, tant que la Torah n’avait pas été donnée ? En effet, il ne pouvait pas dire acher ba’har banou, qu’il nous a choisi, comme nous le faisons tous les jours, avant l’étude ! Choisir implique l’idée d’une réservation par l’action. Or celle-ci n’aura lieu que le jour du don de la Torah ? Réponse : il a dit ratsa béossé’a, il a désiré ceux qui l’accomplissent. Cette bénédiction offre deux indications : L’une est le ratsone, le désir de D. pour ses enfants. Il veut partager avec eux Sa Sagesse. L’autre, par l’utilisation du terme, ossé’a, nous induit vers la nature d’Israël. Ils persévèrent dans leur désir de toujours en avoir plus. C’est ainsi que nos Sages ont traduit le verset guiboré koa’h ossé dévaro. Ils accomplissent ossé, son ordonnance sans relâche[2].

Avant d’accorder toutes les bénédictions à Avraham, D. parle à Ses Anges : im ‘homa hi, s’il est aussi ferme qu’une muraille, nivné alé’a Je construirai sur lui Mon édifice. Im délet hi, s’il est telle une porte, parfois ouverte parfois fermée, je le récompenserai selon ses efforts mais pas davantage[3]. S’il résiste et s’offre à la fournaise pour ses convictions etc. à savoir un désir à chaque fois réaffermi de se rapprocher de moi, je construirai l’avenir de l’humanité sur lui.

Quatrième version

C’est cela la kédoucha : partager le désir que ressent D. à toujours se rapprocher de ses enfants, ratsa béossé’a. D’où la quatrième version pour le verset : kédochim tihyou, soyez désireux de Moi, ki kadoch ani, car je vous désire.

 

Chabbat Chalom

Rav Yossef Simony

    

 



[1] תוספות מסכת קידושין דף ב עמוד ב

 

דאסר לה אכ"ע כהקדש - והרי את מקודשת לי כלומר להיות לי מקודשת לעולם בשבילי כמו (נדרים ד' מח.) הרי הן מקודשין לשמים להיות לשמים ופשטא דמילתא מקודשת לי מיוחדת לי ומזומנת לי ומיהו אם היה אומר טלית זו מקודש לי אין נראה שיועיל דגבי אשה במה דמתיחדת להיות לו היא נאסרת לכל אבל בככר וטלית לא שייך למימר הכי.

[2] ילקוט שמעוני תהלים רמז תתס  גבורי כח, רבי יצחק נפחא אמר אלו שומרי שביעית, בנוהג שבעולם אדם עושה מצוה ליום אחד, לשבת אחד, לחדש אחד, שמא (לשאר) [לכל] ימות השנה ודין חמי חקליה ביירא כרמיה ביירא ושתיק, יש לך גבור חיל גדול מזה

[3] בראשית רבה (וילנא) פרשת לך לך פרשה לט ג ויאמר ה' אל אברם, רבי ברכיה פתח (שם /שיר השירים ח'/ ח) אחות לנו קטנה ושדים אין לה וגו', אחות לנו קטנה זה אברהם שאיחה את כל באי העולם, בר קפרא אמר כזה שהוא מאחה את הקרע, קטנה שעד שהוא קטן היה מסגל מצות ומעשים טובים, ושדים אין לה, לא הניקוהו לא למצות ומעשים טובים, מה נעשה לאחותנו ביום שידובר בה, ביום שגזר עליו נמרוד לירד לתוך כבשן האש, אם חומה היא נבנה עליה אם מעמיד דברים כחומה יבנה עליה, ואם דלת היא נצור עליה, אם דל הוא במצות ובמעשים טובים נצור עליה לוח ארז, מה הצורה הזו אינה אלא לשעה, כך אין אני מתקיים עליו אלא לשעה, אמר לפניו רבון העולמים אני חומה מעמיד אני דברי, ושדי כמגדלות, זה חנניה מישאל ועזריה, אז הייתי בעיניו כמוצאת שלום, שנכנס בשלום ויצא בשלום.

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